ÉDITOOn écrit. On analyse. On donne la parole à celles et ceux qu'on a filmées. Bienvenue dans la rédaction on.suzane.
Maeva : « Ne vous dites pas non à vous-mêmes. Attendez que les autres vous disent non. »
Commerciale dans la tech, maman solo, créatrice du compte Instagram Budget Bento et autrice d'un livre sur la finance personnelle, Maeva parle d'argent aux femmes — et surtout aux femmes noires — avec une franchise qui dérange les idées reçues. Interview d'une militante de l'autonomie économique qui refuse le confort du silence.
Lucile Quillet & Lucile Peytavin : « Ce sont les hommes et l'État qui ont une dette envers les femmes. Pas l'inverse. »
Journaliste et autrice d'une enquête sur le coût du couple pour les femmes, Lucile Quillet ; historienne et autrice du Coup de la virilité, Lucile Peytavin. Toutes deux membres de l'Observatoire de l'émancipation économique de la Fondation des femmes. Ensemble, elles dressent un constat implacable : le système administratif, fiscal et social français est organisé pour maintenir les femmes dans une dépendance économique dont elles ne mesurent pas toujours l'ampleur.
Hélène Périvier : « L'égalité femmes-hommes n'a pas besoin d'être économiquement rentable pour être juste. »
Économiste à l'OFCE et directrice du programme Présage à Sciences Po, Hélène Périvier travaille depuis des années sur les inégalités entre femmes et hommes dans l'économie. Elle déconstruit les mythes — celui du foyer protecteur, celui de la performance comme argument féministe — et propose une lecture rigoureuse et politique de ce qui maintient les femmes dans une position d'infériorité économique.
Émilie Biland-Curinier : « Après un divorce, les femmes s'appauvrissent de 20 %. Les hommes, de 2,5 %. »
Professeure de sociologie à Sciences Po Paris, Émilie Biland-Curinier étudie depuis quinze ans les conséquences économiques des séparations conjugales. Son diagnostic est implacable : le droit de la famille français organise, souvent à son insu, la paupérisation des mères. Et les pistes pour changer cela existent — si on se donne la peine de les regarder.
Claire Bourdille : « Quand un enfant dénonce et que la justice ne le croit pas et ne le protège pas, c'est fini pour lui. »
Militante féministe reconvertie en activiste pour les droits des enfants, Claire Bourdille a fondé le Collectif Enfantiste en 2022. Son constat : les violences faites aux enfants sont massives, systémiques, et profondément ignorées d'une société qui préfère croire au mythe de l'enfant-roi. Rencontre avec quelqu'un qui refuse de détourner les yeux.
Arnaud Gallais : « La parole se libère depuis longtemps. Ce qu'on n'arrive pas à construire, c'est une culture de la protection. »
Victime d'un prêtre pédocriminel entre 8 et 11 ans, puis de deux cousins à 12 ans, Arnaud Gallais a mis des années à comprendre ce qui lui était arrivé. Aujourd'hui anthropologue, militant et fondateur de l'association Mouv'Enfants, il se bat pour que la société cesse de protéger les agresseurs et commence à protéger les enfants. Un témoignage d'une densité rare.
Lyès Louffok : « L'ASE fait aujourd'hui plus de mal que de bien. Ce système est maltraitant. »
Placé à l'aide sociale à l'enfance pendant 18 ans, éducateur spécialisé et bientôt juriste, Lyès Louffok milite depuis l'adolescence pour que les enfants placés cessent d'être les grands invisibles du débat public. Un témoignage frontal sur les violences institutionnelles, les abandons à 18 ans et un système à bout de souffle — mais aussi sur ce qu'un seul adulte bienveillant peut changer.
Notre lettre ouverte : Mothers Without Borders
Aujourd’hui, notre film sort.
On voulait te l’écrire autrement que part une annonce marketing. Te l’écrire comme on t’aurait envoyé un message à 23h, depuis un hôtel quelque part en Europe, fatiguées mais incapables de dormir. Parce que c’est un peu ça, ce film. Une longue aventure où on s’est tenu la main pour franchir les caps pas à pas.
#10 LE REGARD | Qui décide vraiment de ce qu’est une bonne mère ?
La “bonne mère”
Au cinéma, la maternité est partout. Pourtant, elle est rarement montrée dans toute sa complexité. La plupart des films s’arrêtent à la grossesse ou à l’accouchement. La naissance devient un moment spectaculaire puis le récit passe à autre chose. Ce qui vient après, le bouleversement physique, la fatigue, la transformation identitaire, la solitude parfois, reste largement hors champ.
#9 LE REGARD | Trop vieille pour une histoire de love
Qui a peur des vieilles ?
Ce n’est pas une impression diffuse ni une exagération militante. C’est un fait mesurable.
Depuis des décennies, le cinéma raconte les histoires d’amour selon une règle tacite : les hommes peuvent vieillir sans perdre leur place au centre du récit. Les femmes, elles, doivent rester jeunes — ou accepter de disparaître.
#8 LE REGARD | Le queer trope
Un constat sociologique
Au cinéma comme à la télévision, les personnages queer (lesbiennes, gays, bisexuel·les, trans, queer, etc.) continuent d’être fréquemment représentés au prisme de la tragédie — allant de la souffrance intime à la mort, en passant par l’isolement ou l’effacement narratif. Ce phénomène, loin d’être anecdotique, s’inscrit dans une histoire culturelle et médiatique qui conditionne nos imaginaires collectifs.
#7 LE REGARD | Le beauf de quelqu'un.e
Dans le rétro : Le “beauf” au cinéma, un stéréotype qui colle aux classes populaires rurales ?
Après avoir lu Ascendant Beauf de Rose Lamy, une question m’a frappée. Et si le cinéma français participait, lui aussi, à fabriquer un certain regard sur les “pauvres”, surtout ruraux ?
Mothers without borders, la voix des mères
Pourquoi faire un film sur les mères en Europe ?
Nous avons déjà travaillé sur la maternité car c’est un sujet qui nous passionne. Cette fois-ci, nous avons voulu repousser les frontières pour interroger le statut des mères dans différents États d’Europe, leurs droits, ceux qu’on retire, qu’on restreint, qu’on affirme ou qu’on lutte pour obtenir.
#6 LE REGARD | Les femmes dans l'ombre
Dans le rétro : Pourquoi tant de mères sont filmées en contre-jour ?
Le contre-jour n’est pas qu’un choix esthétique : il dit quelque chose politiquement.
Tu veux t'engager ? C'est le moment 🔥
Un an après Réinventer l’enfance, on en est où ?
À l’occasion de la Mobilisation contre les violences faites aux enfants/ados qui aura lieu le 15 novembre, partout en France, je te partage un état des lieux et des pistes d’action du Collectif Enfantiste :
#4 LE REGARD | On prend un café ?
Dans le rétro : les archétypes à l’écran, ce qu’ils disent de nous
Heureusement que certain·es prennent le temps de démonter les mécaniques bien huilées de la fiction télé et ciné ! Eh oui, nos comportements, nos désirs, nos rapports aux autres… ne tombent pas du ciel. Ils se construisent, petit à petit, à partir de ce qu’on voit autour de nous.
J'te la fais courte #7 - le bisou révolutionnaire
« Chaque baiser lesbien est une révolution »
Pour le mois des fiertés, et parce qu’on sait que les lesbiennes ont stéréotypement pas un rond, on vous propose le pack L comme Lesbienne à moitié prix (7,45€ au lieu de 14,90€)avec le code promo LCL25.
- de Macron, + de bimbos 🔥
Les reco bimbos 💅
Parce que l’été rime avec mini culottes, seins à l’air, et fiesta dans une DA blanc laqué - champagne - macaron, je voulais te faire des reco pour la petite bimbo qui sommeille en toi.
MaI lan chapiron : « La prévention, c'est joyeux. C'est peut-être empêcher que la catastrophe arrive. »
Chanteuse, illustratrice, activiste. Mai lan a été victime d'inceste à sept ans. Quarante ans plus tard, elle a transformé ce silence en outil de protection pour les enfants. Rencontre avec une femme qui a décidé que ce qui lui avait manqué, elle allait le donner à tous les enfants qu'elle pourrait atteindre.
Cœur d'artichaut : « Le drag, c'est ma façon de mettre en scène ce qui me met en colère »
Entre catharsis artistique, héritage politique et dilemme numérique, rencontre avec un Drag King qui refuse de séparer l'art de l'engagement.